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J354 /// L'ANIMALITÉ EN CAGE

Bordeliou. Pas mieux aujourd'hui: je sais pas trop si c'est ce temps de merde ou guai, mais j'en branle pas une; mais bon, c'est lundi après tout. Et moi, le lundi, je glande ! Enfin, en théorie. Bon, j'ai bien du faire des trucs mais je ne me rappelle plus exactement quoi; pas mal de lecture. En retard, comme le reste, des trucs qui se sont entassés comme les œufs d'un monstre des cavernes, sur ma table à manger. Dans ma caverne. Si ça continue, faudra voir à ce que ça cesse ces conneries: on n'est pas chez la famille Adams ici ! Et pourtant, entre la sombritude de ma grotte et mon enthousiasme de grenouille écrasée sur le route, ça pourrait... Bref. Pour élever un peu le débat, je me sens coincé ici, dans cet appart glauquissime, et je viens de me rendre compte que de toute façon ce serait sans doute pareil n'importe où: je me sentirai toujours coincé à un endroit à partir du moment où j'y ai des attaches: physiques comme du matos non transportable, émotionnel comme de la famille ou autre, et financier, comme un bail ou un taf par exemple. Et je n'ai toujours pas vraiment compris pourquoi je supporte mal tout ce qui est attachement et tous les autres trucs ou streumons se nourrissant bestialement de mes libertés primaires. Mais c'est peut-être pareil pour tout le monde après tout, non ? On ne le ressent peut-être pas ou on ne s'en aperçoit pas ou on ne le perçoit pas comme tel, mais l'humain, dans son animalité, n'est-il pas fait pour être totalement libre ? Nomade ? No mad ? Sans attaches ? Non parce que après, on voit bien: on finit avec des mouvements stéréotypés, des tocs en veux-tu en voilà, genre on va vérifier qu'on a bien fermé la porte, qu'on s'est bien enfermé dans notre propre cellule, comme un neurone dégénératif prisonnier d'une boite crânienne

légende : une petite fille essaie d'attraper la poignée d'une fenêtre pour sortir de sa chambre squatée par un monstre qui pond de la lecture en retard

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Same same but… different