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J343 /// La faucheuse amoureuse

C'était le bordel intégral. Je ne crois pas nue vous puissiez une seconde vous imaginer ce que cela puisse être. La preuve: vous êtes encore vivant. Tout volait ou virevoltait autour de moi. Je agrippais à mon siège comme une araignée à sa toile quand on passe l'aspirateur. Et c'est bien de ça qu'il s'agissait: comme un gigantesque aspirateur qui nous aspirait comme des vulgaires moustiques, mais qui ne volaient plus. Et c'est bien de ça qu'il s'agissait: on ne volait plus. L'avion ne volait plus, et perdait ses entrailles dont nous faisions partie, comme de vulgaires asticots. C'est là, alors que voyais encore quelques énergumènes, la bouche grande ouverte, mais dont aucun sons ne semblaient sortir, que je l'ai senti. Sa main, remontant le long de ma jambe, puis de ma cuisse, alors que son autre main me maintenait la cheville. Elles étaient froides, c'est tout ce dont je me souvienne, et rugueuses... comme la mort. Car c'est bien de ça qu'il s'agissait: la mort aurait voulu que je lâche mon accoudoir, et que je me laisse aspirer par le néant, là, dehors. Ce qui est marrant, enfin , si l'on peut dire, c'est que je n'entendait plus rien: les hurlements, l'aspiration, et même cette espèce de faucheuse qui semblait me parler, et articuler avec insistance les mêmes mots "I love U". C'est tout ce dont je me rappelle...

légende : une femme se fait attirer dehors par la mort faucheuse lors d'un crash aéronautique

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Same same but… different