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J171 /// Prendre Racine

Une fois de plus j'ai couru en forêt dimanche matin. Le printemps semble avoir envoyé des éclaireurs que j'ai grand plaisir à croiser. Entre la tiédeur de l'air et la légèreté de mes poumons rajeunissant (je ne gobe presque plus de petites putes), j'ai l'impression jouissive d'être sorti du glacial hiver pleurnichard. En fin de parcours, je fini comme d'habitude en barefoot, et je me pose au soleil, au milieu d'herbes jaunâtres. Mes yeux se ferment en même temps que je deviens aveugle, laissant enfin respirer mes autres sens: le toucher, après avoir marché et couru pieds nus, est déjà en éveil, mais se rendort, laissant place à l'ouie qui me souffle à l'oreille que des oiseaux conversent en ce moment même sur mon sort, entrecoupés parfois de manifestations amphibiennes. Mon odorat confirme à présent ce que je craignais: une forte odeur de végétal, de branches et de racines fraîches, associée à l'humide volatilité de l'humus, me font comprendre que je viens malgré moi de prendre racine ici-même, apaisant d'un coup mon animalité fugace dans une douce et légère floralité intemporelle.

légende : Une homme est couché dans la nature, avec des racines partant de sa tête et de ses doigts vers le sol, alors que sa langue et ses seins finissent en fleurs et son pénis en bourgeon ailé

Same same but… different

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