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J248 /// Abandon : Sasa boude

Putain. Putain de merde, plus exactement. On n'est pas le 26 mai. Non. Je suis en train de mentir. Grave. À vous. À Moi. On est déjà le 7 juin, ce qui fait que j'ai un retard de 13 jours dans mes textes de sasabudi, et donc un retard de 13 jours dans les illustrations, en plus des 10 illus. dont les textes sont déjà tapés. Bref, 23 illustrations en rade, perdues dans la nature. Pourtant, il ne me semblait pas trop que je me dispersais tant que ça ces derniers temps. Mais voilà: j'ai fais autre chose... J'ose dire la vérité: j'ai abandonné mon petit sasabudi pour quelques jours. Comme attaché à un arbre un jour d'été. Et je suis parti. Sans me retourner. Je l'entendais qui chouinait un peu. Le genre de chouinement mi-amusé, mi-apeuré d'un gosse ou d'un cleb's qu'on vient d'attacher à un arbre, et qui espère de toute ses forces qu'on va se retourner. Et rigoler en disant "Je t'ai bien eu, hein ?" Mais rien de tout cela. Pas de retournement de situation. Pas de retournement tout court. Les chouinements se transforment en cris désespérés, comme pour faire taire la vérité de l'abandon, dont les dents ricanent, grinçantes, entre deux poils. Mais soudain, au loin, à l'horizon presque, je me retourne enfin et décide de revenir sur mes pas. Après 13 jours d'absence, mon petit sasabudi paraît tout maigre et n'a pas la force de me faire la fête. Impassible, il ne manifeste rien, si ce n'est le dégout. Il fait la gueule, même si à travers ses yeux croûtés, rien ne transparait. Je sais qu'il m'a reconnu à l'odeur, cette même odeur qui aura tôt fait de dissiper l'odeur de mort squelettique qui rode ici. Bientôt nous serons en lieu sûr, comne avant cet oubli impardonnable, copains comme cochons.

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