BHOPAL XXV

J0 | Bhopal XXV: Le livre

Bhopal XXV: Le livre

Dans ce Livre au format pdf sont concentrées les informations et les photos réparties dans le site Bhopal XXV.
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"SAFETY is everybody's business" (La sureté, c'est l'affaire de tous), était le slogan d'Union Carbide.

Alors pourquoi avoir laissé 40 tonnes d'un produit hautement toxique dans les cuves ?
Pourquoi les 3 systèmes de sécurité étaient-ils défaillants ?
Pourquoi ne pas les avoir entretenus ?

Des scientifiques français ou européens affirmaient que l'usine, par ses choix même de production, avec des énormes quantité de MIC stockées et non produite au fur et à mesure des besoins, était "une véritable bombe à retardement"...
Plusieurs incidents s'étaient déjà produits à la fois dans l'usine sur le sol américain et dans celle de Bhopal avant même la catastrophe (1 mort en 1983).

Au delà de la première catastrophe, Union Carbide et son ingérence est à l'origine de la deuxième génération de victimes, par le biais d'une contamination des sols et de l'eau des nappes phréatiques.
Dow Chemicals, qui a racheté U.C. en 2001 ne veut pas prendre les responsabilités de son achat et aider les victimes actuelles et futures.

Combien de temps encore les mères de Bhopal verront leur enfants naître avec des malformations ? Combien de victimes fera encore la catastrophe et l'immobilisme des responsables ?
1984-?

J-1 | Photo du jour | © Stéphane Bouillet

Contamination de l'eau: encore combien de victimes ?

Un rapport très récent [1] prouve que des dizaines de milliers [2] de personnes continuent à se faire contaminer par les produits chimiques toxiques issus directement ou indirectement de la catastrophe d'Union Carbide, encore 25 ans après.
Ce rapport montre bien que ces produits chimiques et des métaux lourds sont présents dans les sols, plantes et animaux, et même dans le lait maternel des mères allaitant leur enfants.
Les conclusions de ce rapport contrecarrent complètement les rapports récents, demandé par le ministre indien chargé de l'Aide et de la Réhabilitation des victimes de la catastrophe de Bhopal, Babulal Gaur, qui a déclaré que "L'usine est ouverte [3] pour aider les personnes à se débarrasser de l'appréhension et de l'idée fausse que les pertes chimiques se situant dans l'usine sont encore nocives et polluent les eaux souterraines des localités voisines".

Image: © Stéphane Bouillet

Un scandale international majeur

La compagnie, Union Carbide (maintenant détenue par Dow Chemical), dit que "Toutes les responsabilités concernant le désastre ont été arrangées quand U.C. a conclu un règlement compensatoire de 470million de dollars avec New Delhi en 1989". Mais, cet accord concerne seulement l'action civile et, en réalité, l'U.C. et son Président sont des fugitifs de la justice indienne sur des ACCUSATIONS CRIMINELLES d'homicide. En outre, le règlement civil seul n'a jamais couvert que les dommages résultant de l'exposition au gaz et NON les défauts de naissance ni aucun empoisonnement environnemental postérieur et maladies associées.

J-2 | Photo du jour | © Kostas Pliakos

Déficience locomotrice

Les problèmes à la naissance sont multiples, et concernent aussi bien les enfants nés de mères exposées au gaz, que de mères contaminées ultérieurement par l'eau de boisson.
Les problèmes peuvent être physiques: malformations comme des becs de lièvre et d'autres beaucoup plus lourdes.
Ils touchent aussi le système nerveux avec des défauts de coordination des membres, paralysies, retards mentaux...
Les enfants qui ne peuvent pas marcher sont assez nombreux.

Image: © Kostas Pliakos

J-3 | Photo du jour | © Micha Patault

Champa Devi

Femmes arborant le signe de la Chingari Trust. Champa et Rashida Bee sont des rescapées du gaz mais en subissent toujours les séquelles. Elles ont été les pionnières dans la lutte pour la justice à Bhopal en créant, dès 1987, deux syndicats de femmes rescapées : le Syndicat des Ouvrières Victimes du Gaz de Bhopal (BGPMUS), et le Syndicat des Employées de Papeteries Victimes du Gaz de Bhopal (BGPMSKS).

Image: © Micha Patault

Champa : "Nous ne voulons pas que Warren Anderson soit mis à mort. Nous voulons le voir croupir dans une sombre cellule quelque part, en prison. Nous voulons qu'il ressente ce qui nous ressentons nous, quand nous avons été séparés de nos enfants, quand nos maris sont morts, quand nous ne pouvons plus voir nos familles."
Rashida Bee: "Pourquoi, avions-nous demandé à Dow*, suivez-vous un double standard** ? Une vie humaine vaut la même chose, que ce soit en Amérique ou dans les jungles de l'Inde. Une vie humaine devrait valoir la même chose."

Vous pouvez aider ces enfants par des dons.

J-4 | Photo du jour | © Stéphane Bouillet

R.K. Namdev, 67 ans

Test de capacité pulmonaire (BMHRC, Bhopal Memorial Hospital and Research Center).
Beaucoup de personnes ont gardé une insuffisance respiratoire suite à l'exposition aux gaz.
R.K.Namdev est fortement affaibli: il pèse 47 kgs.

Image: © Stéphane Bouillet

Le test pulmonaire analyse une amélioration éventuelle de la capacité thoracique après une prise de broncho-dilatateurs.

J-5 | Photo du jour | © Kostas Pliakos

Davab, 8 ans

Davab souffre d'incoordination locomotrice et de problèmes de transmission des influx nerveux. Il est traité au Chingari Trust, à l'aide de stimulateurs électriques, kinésithérapie...

Image: © Kostas Pliakos

Un des objectifs du centre Chingari est de rappeler au gouvernement et aux compagnies impliqués des problèmes à long terme, du besoin de traitement médical approprié pour les enfants nés avec des dysfonctionnements congénitaux, et de la nécessité de fournir à ces enfants l'occasion de mener des vies dignes et indépendantes.
Le centre s'engage à mettre à disposition les meilleurs soins médicaux possibles, traitements et réadaptations pour ces enfants. Chingari envisage une société qui soit sensible aux personnes handicapées. Il estime également que grâce à ses soins de santé parmi les enfants, il puisse sensibiliser la société au sujet de l'impact dramatique des produits chimiques industriels toxiques.

Vous pouvez aider ces enfants par des dons.

J-6 | Photo du jour | © Micha Patault

Fœtus avorté en 1984

La nuit de la catastrophe a vu 40% des femmes enceintes avorter de fœtus alors qu’elles tentaient d’échapper à l’émission du gaz. Ceux-ci sont conservés par le Dr Satpathy, expert médico-légal de l'hôpital Hamidia de Bhopal.

Image: © Micha Patault

Les avortements ne se sont pas arrêté en 1984. Selon certaines études*, le taux d'avortements était de 7,63% dans les zones affectées par la catastrophe d'Union Carbide, contre 3% dans les zones témoins.
En plus des avortements, les femmes atteintes doivent faire face à des problèmes d'infertilité, de problèmes de cycles menstruels (irrégularité, absence, retard ou arrêt précoce, saignements excessifs...), sans parler des maladies de leurs enfants (malformations congénitales, retards de croissance, retards mentaux...).
Devant la suspicion d'une augmentation du risque de cancer du col de l'utérus associé avec l'exposition au gaz ou à l'eau contaminée, la clinique Sambhavna a lancé un projet de dépistage de cette maladie.